Auteur : alexialeibbrandt

2020

Alors que 2019 arrive à sa fin, je poste ce dessin qui à mon sens résume mon année écoulée.

Mais pour la comprendre, je dois retourner un peu en arrière. IL y a deux ans, je suis partie au Sri-Lanka, faire Vipassana. 10 jours de méditation silencieuse sur les pas de Bouddha. Ce fut une expérience extraordinaire que j’ai essayé d’écrire pour la partager, mais surtout pour ne pas l’oublier. https://medium.com/…/vipassana-10-days-silent-meditation-re…

J’ai remarqué avec le temps, qu’à chaque ouverture de conscience, suit un retour en arrière.

Comme un bébé qui, à la plus grande joie de ses parents, fait sa première nuit, puis régresse de nouveau pendant un mois.

Pendant deux ans, j’ai oublié ce que m’avait révélé Vipassana. Tout comme j’oublie à chaque fois ce que me révèle mes voyages… A force de ne pouvoir en parler, de ne pouvoir partager, rattraper par le speed de la vie, j’ai arrêté d’y croire.

Ce dont je n’avais pas conscience, c’est que même sans mon gouvernail, cette prise de conscience était juste en train de se déployer, s’engouffrant dans mes pensées, dans mes obscures, me forçant ainsi à essayer de la retrouver.
Elle est revenue à moi, subitement, et très simplement le 31 décembre 2018 : Je me suis écoutée. Pour la première fois de ma vie, j’ai décidé de ne pas me forcer et j’ai passé le réveillon du jour de l’an : seule.

Ca peut vous sembler con, mais pour moi c’était énorme.

Un peu honteuse de ne pas suivre la masse et de passer pour une déprimée misanthrope, je n’en ai pas trop parlé. Je suis allée me choper un bout de foie gras et une demie bouteille de champagne au supermarché du coin, en priant pour ne croiser personne, j’ai fermé mes rideaux, éteins mon téléphone, allumé un film et suis rentrée en 2019, comme JE LE SENTAIS.

Mais qu’est ce que ça fait du bien de ne pas se laisser guider par la communauté!

Le lendemain, je me suis fait réveiller par les rayons du soleil, fraîche comme je ne l’avais jamais été un 1er janvier. Alors j’ai continué.
J’ai commencé à faire du sport et à re-méditer tous les matins, (en deux mois j’ai perdu mes 6 kilos d’arrêt de cigarette), j’ai arrêté de sortir pour le simple fait de combler mon ennui, ou ma flippe d’être seule, j’ai arrêté de boire en semaine, de sortir avec les mauvais mecs, j’ai commencé à bouger de Paris dès que je le pouvais, j’ai dit OUI, tout de suite, à tout ce qui me faisait kiffer… j’ai chanté, j’ai dansé, j’ai pleuré, j’ai rigolé.. Je me suis montrée, et plus je me suis montrée, plus j’ai rencontré des gens vrais, qui me ressemblaient.
J’ai eu l’impression que cela faisait des millénaires que cela ne m’était arrivée.

Alors j’ai continué.

Pourquoi chercher la joie dans les autres alors que tu peux l’avoir en toi? J’ai décidé de m’autoriser à m’intéresser à tout ce qui me plaisait vraiment.
J’ai enfin pris des cours de peinture, j’ai commencé un cours d’auto-hypnose dans mon lit tous les mardis soir, puis je m’y suis formée, j’ai essayé l’hypnose spirituelle, je me suis même baladée dans des vies passée (oui messieurs dames!) et j’ai kiffé!

J’ai dévoré des livres sur les régressions, les sciences, l’histoire, l’intuition. Me suis surprise à refaire des expos. J’ai bloqué des soirées entières sur le concept de “changer”, j’ai voyagé au cœur de l’imagination et j’ai compris que c’est à partir d’elle que tout se crée.

Je me suis intéressée aux émotions, d’où elles viennent, ce qu’elles créent. J’ai compris que la joie vient du fait d’être soi, que la colère te rappelle juste que tu ne l’es plus. Et que la tristesse annonce certes une fin mais surtout, un prochain début.
J’ai ressenti que quand tu alignais ton cœur, tes sens, et tes actions, tout était possible.

J’ai vu que tout se forme au creux du détail, qu’au milieu de chaque détail, il y a le tout. J’ai compris que la pièce maîtresse est l’intention et que pour qu’il y ait création, il faut s’entraîner au lâcher prise…

Je me suis intéressée à des peintres, des musiciens, des écrivains, des sculpteurs, des inventeurs, des chercheurs, vivants ou mort, et j’ai compris qu’ils avaient tous été, à un moment, sur la même croisade.

J’ai commencé à lire sur les religions, et j’ai compris que tout cela ne pouvait être que personnel. Pour arriver au creux du détail, il faut une intention. Suffisamment soutenue pour ne pas se laisser dévier par les émotions. Mais il faut surtout un lâcher prise, loin de tout jugement ou interprétation sinon, cela ne devient que le miroir de ce que tu es.

Le plus dingue là-dedans, c’est que plus tu t’intéresses à ce qui t’entoures, plus TOUT t’intéresse. Je suis rentrée dans une frénésie d’envies. Tout est lié, tout est système, tout fait sens.

Mais…

A chaque ouverture de conscience, suit un retour en arrière.

J’en suis là. Encore une fois, et c’est terriblement frustrant. Car à force d’essayer, je me suis aussi trompée. Hé hé, c’est le jeu ma bonne dame!
Mais comme il n’y a pas de clarté sans obscurité, je ne suis plus flippée. « Tout est mouvement, tout change et évolue« .
Sous peu, je vais continuer à expérimenter ce que j’ai commencé à planter cette année. Cela me promet encore de belles aventures de ouf, dont je vous parlerais, quand je les aurais digéré.

Alors, à l’aube de 2020, comme j’écris, encore une fois je me tâte. Sortir pour ne pas être seule, ou encore une fois profiter de cette solitude pour me retrouver?
En attendant de retrouver l’équilibre, je vous souhaite une chaleureuse, curieuse et fructueuse année. N’oubliez pas que même dans l’obscurité, l’amour résonne.

Sur ces paroles de pseudo Bouddha, je vais quand même m’habiller pour aller partager.

 

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Du lâcher prise

Le vertige de la page blanche.

J’en avais entendu parlé. Mais je n’avais jamais eu l’occasion de le mesurer, en direct.

Tu es prête : ton cerveau est allumé, tes marqueurs sont testés et triés. T’as bûché ton sujet, la boite pour qui tu bosses, t’as essayer de comprendre les liens qui unissent ou désunissent tes clients.

  • Ta fresque est bien tendue. Elle est belle et blanche. Ton titre pète.
  • T’as repéré qui était qui, et qui pourrait éventuellement t’aider en cas de questions.
  • Tu as fait pipi 5 fois, médité dans les toilettes.
  • Ton wifi est connecté.

Le brouhaha se calme. Quelqu’un prend la parole.

Ses idées s’installent dans le silence. Comme des petites gouttes de lumières qui s’allument et se suivent dans un ordre nébuleux.

Bien.

Tu as saisi ton marqueur. Choisi ta couleur de départ. La forme qu’aura ton texte, tes formes et tes personnages. Tu écoutes. Enfin tu essaies d’écouter…

Tu choppes une idée, tu la suis : “Je comprends rien”.

Une autre : “elle ne va avec rien”.

Tu batailles entre les deux pendant bien 1 minute alors que d’autres idées continuent de naître. Tu commences à paniquer… Doucement hein. Mais, c’est long 1mn quand tu es sur scène et que le mec débite 10 idées à la seconde.

Donc, tu paniques.

“Et merde – je comprends rien – je suis nulle – j’ai pas d’idées – ça se voit – qu’est ce que je fous là – j’aime plus ce taf – j’ai mal au ventre – Je le savais bien que j’étais malade – Je vais leur dire que je suis malade…”

En suspension dans cet état horrible d’indécision, tu bloques, bloques et re-bloques.

Rule number one! Il faut choisir!

Car c’est en ne choisissant pas, coincé et hésitant, que rien ne se créée. Prends un temps de pose, souffle. Redeviens l’arbre (rigolez…)

Écoutes les 2 ou trois messages qui s’entrelacent – les uns après les autres. Ne cherche pas de résultat. Prends le temps de reconnaître une des trames. Ne juge pas. Chope le début d’un fil. Et agrippes-toi.

La porte d’entrée est l’intention. C’est en choisissant un fil parmi les nombreux fils, que tu crées le corridor. Et si tu arrives à y porter toute ton attention : tu assistes alors à la création d’un monde. C’est comme choisir un angle. Il y a autant d’angle qu’il y a de sujets. Choisis.

Bon, ça c’est la porte d’entrée, bien ordonnée.

Il y en a une plus trash qui m’a mainte fois sauvé la mise. Le : je m’en foutisme!

Quand rien ne fonctionne et que l’état d’indécision s’installe un peu trop longtemps, ami scribe, n’aie pas peur de laisser s’infiltrer ton “je m’en foutisme”! Dans ma tête à moi, ça se traduit par : “Vas-y, ça me saoule, tant pis, je leur fait une daube…!”.

Comme pour un saut à l’élastique – quoi vous avez jamais essayé?! 😉 tu décides que tu n’as plus le choix : tu fais taire ton mental, tu te lances et… tant pis où tu tombes!

N’importe quelle idée. Allez!  

  • Flute, celle ci est creuse…
  • Ho tiens, celle-ci est super cool…
  • Dis donc, c’est pas con ce qu’il dit…
  • Attendons la suite pour créer l’ensemble. 

A ce moment là, il faut quantifier la place qu’il te reste dans ta mémoire. Pas facile.

Et d’arrache en arrache, tu ne t’attardes plus à la forme, ni à la voix.. Tu sens distinctement les mots, les liens, les drames, les pics, les lassitudes, les colères, les hésitations, les respiration. T’es en plein voyage.

Tu kiffes tellement que bientôt tu te permets un pas de côté et pour regarder ta fresque de loin.

Tu regardes le speaker…

Tu regardes les gens..

Direct et sans réfléchir cette fois, tu enrichis ta fresque d’un trait qui relie l’ensemble. Tu surfe dans le cerveau du speaker et celui de l’auditoire en même temps. Pour peu, que le speaker comprenne ce que tu fais, et s’en serve, alors là c’est Byzance. Un pas de deux, en rappel, une danse, à 10, à 100!

Mais ça serait oublier les fois ou tu ne comprends pas les accents, les jours ou tu n’entends quasi rien, les jours ou c’est creux, ou encore trop technique. Alors tu apprends à broder. A rester dans la vérité, mais en décalé.

Tout le temps, tu te donnes à fond. Que se soit dans l’action ou dans l’hésitation. Entre les sessions, tu sympathises, tu aides, tu questionnes, tu réconfortes, tu ris, tu te mixes. Tu t’isoles aussi quand tu n’en peux plus. On te laisse faire, parfois.

Et puis certains jours, ça ne le fait pas. Tu rames, tu te sens bosser, tu sors tes outils, ta boite à malices. Tu sais que tu ne te planteras pas, que le job sera fait et que tout le monde sera content. Sauf, que tu sais aussi que tu n’y a pas mis cette petite flamme, car rien n’a été vraiment dit, vu, senti et compris.

C’est dur d’essayer de changer.

Professional orgasm

I totally fell for this job.
You know? Just like you fall in love with someone. Something super quick, totally obvious, intense, sincere, and addictive!

The flow, the subjects, the people I was meeting, the mind-blowing contracts I dealt with, the classy working spaces, the luxurious hotel rooms I slept in, the almost unlimited opportunities I forsaw.

One day I was scribing for a big retail company, the other one for a national bank. One day for an association of journalists, a school, or the French train system, the other for Microsoft. One day for Unesco (where my mother worked! – that felt so crazy), the other for the conflict between Russia and Ukraine. One day for the environment, the next on gender equality at work. One day in Paris, the other in Spain. Along the way, I was meeting many different mindsets and impassioned brains working in various field of the economy, eating canapes and petits fours at break times, and returning home by taxi, train or plane, exhausted but ecstatic – and a little groggy, just like after a night of love.

It was just : thrilling.

I got a lot of applause. When I started, we were just a few and a lot of companies were discovering this tool. I was genuinely helping people that were thanking me for it. And for me, that was huge.

But the more I dove into the corporate system, the more I saw myself gradually loosing little bits of me.

A company is like an army. It has its style, its aim, its generals and soldiers. Plus… tons of different unities and levels that function together like an octopus. Sometimes the idea can be really sharp, but because of the pressure, it looses all its essence by the time it is actually released. Sometimes the idea is lame, but because of this same pressure, people forget and gather around, to simply… survive.

I thought I could resist those who had only seen the shiny part of scribing. I deeply wanted to serve thoughts, intentions and emotions. Wherever it came from top managers or employees.

But I forgot the overheating factor.
I got drawn under work. It was crazy. And soon, without noticing, I became… a DRAWING MACHINE. Talk about anything as fast as you want, I will illustrate it live and even make you laugh.

Impressive, heh?

Yes, but exhausting and draining.
Soon, pressurised by the eternal circling rush, I forgot the people, and exactly why I was there. My body started yelling – I was a reck. And soon after of course, boredom came around…

I had been swallowed by the machine.

Go back to people Alexia ! Listen!

My task is to reveal what is hidden behind those masks and patterns. That’s what scribing does – in a gentle but focused way, by using emotions, humour and “art” thus revealing intelligence. So to say : the real ideas hidden behind the fears. The hope and dreams behind the “NO(s)” and numbers.
It’s like a necessary return to the soul. A necessary transparency that helps people understand where they stand, how to re-align, go forward, invent and decide.

So If I can give you a piece of advice – you new scribe entering this wonderful world of graphic facilitation – don’t become too exclusive. Try to remain outside the big system. Continue engaging in your artist, family, traveler or dreamer life. This could be a way of remaining “clean” and humble and maintain the ability of seeing what exactly is said or hidden.

Because, behind our egos, big titles, agendas and stressed out life, hey…we are all just people.

Le flow

Le scribing agit comme un miroir magique. Il reflète et révèle ce qui est, ce qui est dit, pensé, imaginé et ressenti. Il permet des prises de consciences fulgurantes.

Les idées, les concepts et les sujets sont vues et compris, ils existent en dehors de la tête de ceux qui les ont créés. Un passage de l’intangible au tangible. ils deviennent matière à discussion, partage et évolution.

Concentration et immersion

Quand j’ai commencé à scriber il y a 7 ans, j’étais à fond TOUT le temps.

Ecouter, comprendre, synthétiser, faire des liens, des choix, dessiner, choisir son style, ses outils visuels, tout en continuant à écouter. Refaire des liens, choisir, abandonner, rater, lâcher… Ne pas imposer ses idées, rester dans l’empathie, agrandir son écoute, rétrécir son écoute, re-décider. Lâcher le trait, s’y fondre, s’oublier pour mieux revenir. Échanger avec les participants, sourire, s’indigner, rire…

Et le tout, en direct!

Au bout d’un moment, la machine cérébrale est tellement connectée avec l’environnement que tout se fait automatiquement.. Et, c’est tout simplement jouissif.

Quand je scribe, je peux rire, applaudir et pleurer dans la même phrase.

A vrai dire, la seule chose que je redoutais, c’était la fin de session. C’est un changement violent : une déconnexion et un retour à soi. Quitter le sensoriel et me lancer dans des explications… Expliquer ma fresque, expliquer ma cuisine intérieure… Après 8h d’ébullition cérébrale! Heu…comment vous dire. 

Revenir à moi semblait une direction confuse. Une strate supplémentaire de réflexion quasi impossible. A chaque fois que j’ai essayé d’avoir l’air normal, j’ai plus buggé qu’autre chose. Je n’arrivais même plus à parler.

Depuis, j’ai appris à m’économiser, à m’imposer et à imposer des pauses, à lâcher l’idée d’exhaustivité et surtout à ne plus faire semblant.

Comment je suis devenue scribe

Il y a une expression anglophone que j’adore :

« When the shit hits the fan ». Quand la merde touche le ventilateur.
Imaginez la seconde d’après : voilà où j’en étais.
Je venais de me séparer, avec deux enfants en bas âge, pas de parents en soutien, des finances au plus bas, une carrière au point mort et un fond de crise familiale. A 37 ans, j’en étais arrivée à l’amer constat qu’à part mes enfants, j’avais raté ma vie.

Si tu ne fais rien, c’est la fin. Tu te dois de trouver un truc, un truc, aussi minime soit-il, qui te fasse sourire et qui te permette de passer la journée.  Qu’est ce que j’ai toujours aimé faire? Qu’est ce qui m’a toujours permis de résister? Dessiner! So draw Alexia…

J’ai commencé un blog BD. Je me suis lancée un soir du fond de mon petit salon. Et j’ai commencé à parler. Même si tout le monde s’en foutait. J’étais plus à ça près.J’ai choisi un pseudo et j’ai commencé à raconter ma vie en version édulcorée, exagérée, fantasmée. C’était trash. Sans phare. Parfois mal dessiné. Naïf. Souvent superficiel, parfois vénère, passionné, quelques fois génial, et souvent raté. Mais quoi qu’il advienne, je postais. Et qu’est ce que c’était bon! Je me suis imposée un rythme soutenu : poster 3 fois par semaines. C’était vital. J’y travaillais tous les soirs après le coucher des bébés.

Rapidement, mon trait s’est assoupli, mon imaginaire s’est développé. J’ai pris confiance en moi. J’ai arrêté de me regarder faire, pour petit à petit me donner la permission de jouer, d’essayer, d’interpeller, de m’amuser. De lâcher prise.

Comme je kiffais ces soirs où je finissais de mettre en page les dessins qui allaient devenir ma prochaine note de blog, et qu’enfin je me décidais à appuyer sur le bouton “PUBLIER!”

C’est une drôle d’impression que de laisser partir une idée dans le cyberspace. Comme un vertige. Comment sera t-elle perçue? Quelle sera son impact? Comment va t’on se l’approprier? Sera t-elle au moins vu?Toutes ces questions, me faisaient tenir jusqu’au lever du jour.Et puis, de lendemain, en lendemain, ma vie s’est redressée. La lumière a émergé.

And when the light hits the fan… Un soir, dans un bar, je papotais avec une amie chère des directions que pourraient prendre mon blog. Je postais depuis presque un an alors et développais, à ma plus grande surprise, un public fidèle et grandissant.

C’est en faisant la queue pour notre troisième verre, que mon amie hilare tomba nez à nez sur un de ces anciens potes de lycée.Celui-ci exerçait un drôle de métier. Un truc autour du dessin, que je ne comprenais pas bien. Intimidée, j’osais quelques questions. C’est ainsi que je découvrais pour la première fois ce métier : le scribing. Ce fut quasi instantané. Je connaissais ce langage… En quelques étapes, aligner une idée sur un visuel. Dessiner sans brouillon, ni crainte du résultat. Trouver un début, un rebondissement, une fin – une boucle sur un thème. Révéler et accompagner l’idée. Ecouter. Reconnaître les différents niveaux de lectures, montrer le rire, l’émotion, le ridicule ou le tragique d’une situation. Penser décalé, humain et imparfait. Aider.

Tout fit sens. Mon monde imaginaire, le dessin, mes études, mes voyages, mes expériences de taf, de vie… J’avais trouvé.

A 37 ans, j’avais enfin trouvé le job de mes rêves.

Cash or not cash?

Who are you really mister JE?

Comment s’est constitué notre égo?

Qui est le miroir?

Tendre un miroir à l’autre. N’est ce pas cela le travail du coach ou du thérapeute ?
L’aider à voir ce qui est. Ce qui lui appartient et ce qui appartient à l’autre, aux autres.

Nous sommes tous en miroir.

Ce que nous pensons voir de l’autre n’est qu’un reflet de nous-même.

Visualisez. Nous ne pouvons reconnaitre physiquement, sensoriellement, que ce que nous connaissons déjà. Comme si deux molécules identiques se rencontraient, se reconnaissaient et du coup s’attiraient. Si elles n’étaient pas identiques, elles ne pourraient se reconnaitre : l’autre serait invisible. Tout comme une nuance de couleur est invisible pour un daltonien. Ou encore un son, indescriptible pour un sourd.

Pensez-y la prochaine fois que vous trouverez quelqu’un, agaçant, usant, pot de colle, ennuyeux, drôle, ou radin. Je sais, l’exercice n’est pas facile. Voir carrément désagréable.

Imaginez. Vous vous réveillez un matin, d’une humeur massacrante. Un problème familial qui vous met instantanément la boule au ventre, vous rappelant instinctivement toute une série d’événements tout aussi désagréable. Vous sortez de votre antre, vous n’avez pas le choix, faut bien manger. Alors vous essayez de gérer votre face sociale et en y plantant ce que vous espérez être un sourire bienveillant (tiens un petit masque!). Mais très vite, vous vous rendez compte, au fil des rencontres qui ponctuent votre journée, que… la terre entière s’est liguée contre vous. « Mais qu’est ce qu’elle était speed Machine! » … « Et l’autre là, quelle tête de lard… »
A ce moment là, il faut être en mesure de savoir opérer un tour de force :
Arrêter de tout renvoyer sur l’autre, et : se regarder.

La plupart des gens fonctionnent en mode réactif. Surtout s’ils sont super sensibles. Il faut une grosse dose de zen pour regarder les émotions, les siennes et celles des autres, passer devant soi, s’en s’y attarder… (après on se demande pourquoi les gens s’anesthésie a l’alcool ou au psychotrope…)

Pause toi – respire – les autres sont juste des miroirs qui t’indiquent ton état.
Je sais, ça fait chier.
Mais, si on décidait de ne pas être dupe?

Ce coté réactif, si tu es rusé, tu peux l’utiliser.
En te regardant dans ce miroir, en conscience, tu éclaires tes zones d’ombres. Et par réaction, celle de l’autre en face.

Tu réalises le début du cercle vertueux possible?

Wo are we?

We can only physically or sensitively recognise what we already know. What we already have.
As if two identical molecules were to meet and immediately recognise and attract one another just because they can SEE each other. If they were not identical, they would not be able to recognise each other. The other would be invisible. Just like a specific shade of colour is invisible for a colour blind person. Or a sound for a deaf person.

We see what we can see in others. We see what we are interested in. We see what rings a bell. We see what reassures. We are all the same.

Think about this next time you find someone annoying, too much, boring, funny, prickly, uptight.
I know, the exercise is not easy. And mostly unpleasant.

SO Imagine. You wake up one morning in a horrible mood.  A family issue that instantly creates a knot in your stomach, reminding you instinctively of a whole series of similar unpleasant moments. You drag yourself out of your lair – you have no choice, one has to eat –  and try to manage your social life by putting on your face and what you believe is your ultimate reasonable smile.

At that very moment, you have to be strong : instead of shoving, as you usually love to, everything to the other side – try the ultimate move : look at yourself.

Most people work on a reactive mode. The more sensitive the person, the more reactive she will grow.
It takes a huge dose of zen to be able to recognize an emotion – yours or somebody else’s –  and just let it pass before you, without making it yours.
You still wonder why so many people anesthetize themselves with alcohol or psychotropic drugs?

Take a break. Breathe. The other is just a mirror that indicates you in which state you are.